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Les programmes de garde d'enfants axés sur le plein air sont-ils sécuritaires ? Un regard sur les blessures dans les programmes canadiens d'éducation de la petite enfance

Les programmes de garde d'enfants axés sur le plein air sont-ils sécuritaires ? Un regard sur les blessures dans les programmes canadiens d'éducation de la petite enfance

Nous remercions Yousif Al-Baldawi, étudiant en licence et en maîtrise à l'Université d'Ottawa, de nous avoir fourni cet article.


Les programmes de garde d'enfants axés sur le plein air sont-ils sécuritaires ? Un regard sur les blessures dans les programmes canadiens d'éducation de la petite enfance

Statistiques sur les blessures dans les programmes d'éducation de la petite enfance (EPE) en plein air comparés aux programmes conventionnels au Canada : Un résumé non scientifique

 

Il est largement reconnu que les jeux en plein air sont essentiels à la santé et au développement des enfants. Ils encouragent l'activité physique, renforcent la confiance en soi et aident les enfants à apprendre à évaluer et à gérer les risques. Cependant, de nombreux parents et éducateurs craignent que les environnements extérieurs soient plus dangereux que les environnements intérieurs traditionnels. Cette étude de recherche visait à répondre à une question clé : Les enfants sont-ils plus susceptibles de se blesser dans les programmes d'éducation de la petite enfance (EPE) axés sur le plein air que dans les programmes traditionnels ?

Les chercheurs ont interrogé 150 programmes d'EPE classiques et 160 programmes d'EPE axés sur le plein air au Canada au début de l'année 2023. L'enquête portait sur le nombre et le type de blessures survenues en 2022, les activités auxquelles les enfants s'adonnaient lorsqu'ils se blessaient et l'endroit où les blessures s'étaient produites (à l'intérieur ou à l'extérieur). Au total, 39 programmes (13 conventionnels et 26 axés sur l'extérieur) ont fourni des données exploitables, concernant plus de 1 750 enfants.

Qu'ont-ils trouvé ?

La majorité des blessures signalées étaient mineures, comme des éraflures, des coupures et des saignements de nez. Nous avons constaté que si 72 % des blessures mineures se produisaient à l'extérieur, le taux (c'est-à-dire le nombre de blessures par heure) de blessures mineures à l'extérieur était plus élevé dans les programmes conventionnels que dans les programmes axés sur les activités de plein air. En d'autres termes, les programmes de plein air, bien qu'ils soient basés sur la nature et qu'ils encouragent des jeux plus actifs et parfois risqués, présentaient moins de blessures mineures par enfant et par heure passée à l'extérieur que les programmes conventionnels. Cette constatation remet en question l'hypothèse selon laquelle les programmes de plein air sont intrinsèquement plus risqués.

Pour les blessures plus graves (celles qui nécessitent une attention médicale ou des soins d'urgence), il n'y a pas de différences significatives entre les deux types de programmes. Les blessures modérées (comme les entorses ou les points de suture) et les blessures graves (comme les fractures ou les traumatismes crâniens) sont rares. Seuls 35 cas de blessures modérées et 7 cas de blessures graves ont été signalés pour l'ensemble des programmes. La plupart des blessures graves sont survenues dans les programmes conventionnels, mais les chiffres sont trop faibles pour tirer des conclusions définitives.

Quelles sont les activités et les surfaces concernées ?

La course à pied est l'activité la plus souvent associée à des blessures dans les deux types de programmes. L'escalade et le jeu brutal sont également des causes fréquentes. Les surfaces sur lesquelles les blessures se sont produites diffèrent d'un type de programme à l'autre. Dans les programmes conventionnels, les blessures se produisent souvent sur des surfaces dures comme la chaussée ou les sols intérieurs. Dans les programmes de plein air, les blessures étaient plus susceptibles de se produire sur des surfaces naturelles telles que les sols forestiers, l'herbe ou la terre, des surfaces qui peuvent mieux amortir les chutes.

Qu'en est-il des différences entre les sexes ?

L'étude a également cherché à déterminer si les garçons ou les filles étaient plus susceptibles de se blesser. Les blessures légères étaient assez équitablement réparties entre les garçons et les filles. Cependant, les garçons étaient plus susceptibles de subir des blessures modérées et graves, en particulier dans les programmes conventionnels.

Comment expliquer les taux d'accidents plus faibles dans les programmes axés sur les activités de plein air ?

Les chercheurs suggèrent quelques raisons possibles pour lesquelles les programmes de plein air affichent des taux de blessures plus faibles. Tout d'abord, les enfants participant à des programmes de plein air peuvent développer de meilleures compétences en matière d'évaluation des risques parce qu'ils jouent régulièrement dans des environnements plus variés et plus stimulants. Les éducateurs de ces programmes ont également tendance à être plus expérimentés dans la gestion des jeux à risque et peuvent impliquer les enfants dans l'évaluation et la gestion des risques eux-mêmes.

Une autre possibilité est que les blessures mineures dans les environnements de plein air sont considérées comme une partie normale du jeu et peuvent être sous-déclarées. Par exemple, une égratignure au genou causée par une course dans les bois peut ne pas être considérée comme digne d'être documentée, alors que la même blessure dans les programmes conventionnels pourrait l'être.

Qu'est-ce que cela signifie pour les parents et les éducateurs ?

Cette étude apporte les premières preuves que les programmes de garde d'enfants axés sur le plein air sont non seulement sûrs, mais qu'ils peuvent en fait entraîner moins de blessures mineures que les programmes conventionnels. Bien que d'autres recherches soient nécessaires, notamment avec des échantillons plus importants et un suivi plus détaillé des blessures, ces résultats remettent en question l'idée selon laquelle les services de garde d'enfants en plein air sont intrinsèquement plus risqués.

Lire le manuscrit complet ici.