Le jeu peut-il aider les enfants à développer leur résilience ? Résultats d'une étude menée auprès de médecins et d'infirmières à travers le Canada
Nous remercions Michelle E. E. Bauer, Research Associate, Department of Pediatrics, Faculty of Medicine, UBC, de nous avoir fourni cet article.
Les résultats de ce travail sont disponibles dans l'article en libre accès suivant : Jeux à risque et résilience
Si vous demandiez aux gens si le fait d'explorer le monde, de relever des défis et de surmonter des obstacles peut les aider à devenir plus résilients, que répondraient-ils à votre avis ? Eh bien, ils répondraient probablement "oui, bien sûr !". Il est logique que le fait d'apprendre à surmonter des difficultés dans notre vie nous aide à développer des stratégies qui nous permettent de nous sentir plus en sécurité et plus confiants pour surmonter des difficultés similaires plus tard. Mais comment le jeu, en particulier dans l'enfance, favorise-t-il le développement de la résilience ?
En 2024, des chercheurs de l'UBC - le Dr Michelle E. E. Bauer, associée de recherche en pédiatrie, le Dr Ian Pike du département de pédiatrie et le Dr Meghan Gilley, praticienne en salle d'urgence au BC Children's Hospital - ont mené un projet visant à comprendre le point de vue des médecins et des infirmières des salles d'urgence sur la sécurité des jeux des enfants, et ils ont étudié comment l'exposition à des blessures graves et à des décès dans les salles d'urgence résultant d'activités liées au jeu pourrait amener les praticiens à réévaluer leurs pratiques en matière de sécurité des jeux à la maison.
Dans le cadre de ce travail, les chercheurs ont voulu savoir si l'exposition à des blessures graves (par exemple, des blessures à la tête et des fractures multiples) pouvait inciter les praticiens à ne pas soutenir des jeux susceptibles d'entraîner de telles blessures chez les enfants, ou si cette exposition leur avait appris ce qu'il fallait faire ou ne pas faire pour assurer la sécurité des enfants lorsqu'ils jouent. Ils ont cherché à comprendre comment le jeu peut aider les enfants à devenir plus résilients, en demandant aux médecins et aux infirmières : "Quelles activités, quels environnements et quelles circonstances sociales pourraient aider les enfants à se sentir plus confiants et plus capables de relever les défis du monde réel ?"
Après avoir interrogé 56 médecins et infirmières de la Colombie-Britannique, de l'Ontario, de l'Alberta, du Québec et des Territoires du Nord-Ouest, ils ont constaté que les praticiens estimaient que le jeu est un élément essentiel pour apprendre à surmonter les obstacles et à faire face aux menaces potentielles sans dépendre de l'intervention d'une autre personne. Les praticiens croient que lorsque les enfants apprennent à surmonter les défis par eux-mêmes et à faire face à l'échec, comme lorsqu'ils tombent d'une bicyclette et qu'ils y remontent pour essayer à nouveau, ou lorsqu'ils continuent de glisser le long d'un mur d'escalade et qu'ils doivent recommencer, ils apprennent d'importantes leçons, dont les suivantes :
- Il est important de persévérer dans l'accomplissement des tâches
- Les douleurs mineures, telles que les éraflures et les contusions, sont fréquentes dans la vie et nous devons continuer à les supporter
- Pour vaincre la peur, il faut d'abord en faire l'expérience et apprendre à y faire face
Certains médecins et infirmières ont déclaré que, parfois, lorsque les enfants se blessent et doivent être soignés aux urgences, c'est parce qu'ils ne savent pas comment faire face à une menace potentielle en toute sécurité, ou parce qu'ils ne savent pas quelle douleur l'activité peut leur causer. Selon eux, lorsque les enfants ont le temps de comprendre les conséquences de leurs actes et d'apprendre à surmonter avec succès les situations anxiogènes, ils deviennent moins anxieux au fil du temps lorsqu'ils sont confrontés à des environnements similaires (par exemple, lorsqu'ils savent comment caresser un chien sans l'effrayer et sans se faire mordre). Cela leur permet d'apprendre à réguler les émotions qu'ils ressentent.
Les jeux palpitants, excitants et stimulants, même s'ils peuvent entraîner des douleurs et des blessures mineures, sont encouragés ! Il peut en fait aider les enfants à développer leurs compétences sociales en résolvant les conflits avec leurs pairs, à apprendre à utiliser leur corps de manière à favoriser leur mobilité, par exemple en courant et en grimpant, et à renforcer leur estime de soi. Dans un monde où les taux d'anxiété et de dépression chez les enfants constituent un problème urgent de santé publique et où les possibilités de se déplacer librement et d'explorer le monde sont parfois limitées, il est particulièrement important de veiller à ce que les enfants aient la possibilité de relever des défis, d'éprouver de l'excitation et, oui, même d'échouer, si nous voulons les aider à devenir des adultes indépendants, heureux et bien adaptés !
Pour toute question concernant cette étude, veuillez contacter Michelle.Bauer@bcchr.ca.
Cette étude a été financée par le BC Children's Hospital Research Institute sous les numéros de subvention #GR027911 et #GR029411. Elle a été approuvée par le comité d'éthique de la recherche C&W de l'université de Colombie-Britannique sous le numéro H23-00102.
