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Jouer en plein air dans les villes néerlandaises : comment les enfants perçoivent et apprécient l'espace public en tant que lieu de jeu
18 juin 2026
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Merci à Gerben Helleman, Ph. D. à l'Université technique de Delft, d'avoir rédigé cet article.
Jouer en plein air : comment les enfants perçoivent et apprécient l'espace public en tant que lieu de jeu
Le jeu en plein air peut avoir un impact positif sur le développement personnel et la santé des enfants. Mais comment les enfants perçoivent-ils et apprécient-ils l’espace public en tant que lieu de jeu, et quels facteurs influencent leurs perceptions et leurs appréciations ? Au total, 89 enfants néerlandais, âgés de 5 à 11 ans, ont participé à cette étude. À l’aide des méthodologies « photovoice » et « walk-along », les enfants nous ont décrit et montré leurs espaces de jeu préférés et ceux qu’ils aimaient le moins.
La perception de l'espace public en plein air comme lieu de jeu
Les résultats ont montré que les enfants perçoivent leur environnement de différentes manières. Ce sont principalement les espaces de jeu aménagés (aires de jeux, cours d’école, terrains de sport) que les enfants associent au fait de jouer dehors. Cela semble logique, car les enfants réagissent directement à la signification et à la fonction de ces lieux. De nombreux récits et expériences portaient donc sur des possibilités de jeu directement liées à une caractéristique spécifique du jeu : les enfants descendent le toboggan et font des figures sur les barres de gymnastique.
Les éléments de jeu qui s'écartent des normes sont utilisés avec plus de liberté dans les aires de jeux, comme par exemple une structure ressemblant à une grande baleine qui, placée à côté du toboggan, sert également à grimper, à sauter et à se cacher. Ici, la forme et la fonction sont moins étroitement liées, ce qui laisse davantage de place à la créativité et à l'imagination des enfants, conférant ainsi à l'installation une certaine valeur ludique.
Outre le fait de profiter des possibilités de jeu qui leur sont offertes dans l’espace public, les enfants font également appel à leur créativité pour réinterpréter cet espace à leur guise, en transformant des objets ordinaires en accessoires de jeu. Les enfants ont par exemple montré ou expliqué comment ils « grimpent » sur des éléments présents dans les espaces publics, tels que des poteaux, des clôtures ou des coffrets électriques. De plus, ces éléments sont régulièrement intégrés dans leurs jeux. Une fillette de huit ans a ainsi raconté comment un poteau, destiné à empêcher les voitures de se garer à cet endroit, était devenu partie intégrante d’un jeu qu’elle avait inventé elle-même : celui qui perd au jeu doit sauter par-dessus le poteau. D’autres enfants ont également décrit des jeux dans lesquels l’environnement joue un rôle important.
D'après un garçon de 10 ans, les collines sont de bonnes cachettes quand on joue à « chat » parce que les autres ne peuvent pas te voir. Une fillette de six ans s'assoit toujours « derrière les maisons et derrière les buissons » quand on joue à cache-cache.
Outre la perception des caractéristiques physiques, les enfants ont également indiqué qu’ils scrutaient leur environnement social à la recherche d’occasions de jeu potentielles. Il s’agissait principalement de savoir si des camarades de jeu familiers et sympathiques étaient présents.
Valoriser les espaces publics en plein air en tant que lieux de jeu
Les enfants se sont montrés globalement favorables au fait de jouer dehors dans leur quartier. Ce faisant, ils ont identifié un certain nombre de facteurs environnementaux récurrents qu’ils ont qualifiés de positifs (« sympas ») ou de négatifs (« pas sympas »). Il s’agissait de facteurs environnementaux physiques (sympas : variété des espaces de jeu, éléments de jeu stimulants, matériaux ; pas sympas : manque d’hygiène) et de facteurs environnementaux sociaux (sympas : présence d’autres enfants ; pas sympas : brimades, problèmes de sécurité sociale). Ces facteurs concordent avec ceux mis en évidence dans des études antérieures, sans pour autant leur être identiques. La présente étude a permis d’approfondir la compréhension de la manière dont les enfants néerlandais perçoivent l’espace public dédié au jeu dans la société actuelle. Elle a révélé que les enfants privilégient la diversité non seulement au sein d’une même aire de jeux, mais aussi d’une aire de jeux à l’autre. Elle a également montré que les enfants recherchent des défis de plusieurs manières : ils sont à la recherche d’occasions de jeu difficiles, passionnantes et exceptionnelles. De plus, les enfants interrogés dans le cadre de cette étude mettent l’accent sur d’autres facteurs que ceux relevés dans les études précédentes. Par exemple, ils accordent beaucoup d’importance aux matériaux (« cette balançoire fait vraiment trop de bruit »), aux revêtements (« je préfère vraiment le gazon artificiel »), aux équipements permettant de jouer ensemble (« une balançoire familiale où on peut tous monter ensemble ») et au harcèlement (« Lui aussi, il est agaçant. On n’est plus amis avec lui »).
Ce qui précède est un résumé de l'article suivant : Helleman , G., de Vries, S. I. et van Dorst, M. (2026). Jouer en plein air dans les villes néerlandaises : comment les enfants perçoivent et apprécient l'espace public en tant que lieu de jeu.Cities & Health, 1–13.
Vous pouvez lire gratuitement l'article complet (qui comprend d'autres résultats, une analyse et des implications politiques) à l'adresse suivante :https://doi.org/10.1080/23748834.2026.2677397.
Gerben Helleman est Ph. D. à l’Université technique de Delft et chercheur senior à l’Université des sciences appliquées de La Haye. En tant que géographe urbain, ses travaux portent sur la manière dont les individus utilisent l’environnement bâti. Il s’intéresse tout particulièrement à la façon dont les enfants perçoivent, utilisent, vivent et apprécient différents types d’espaces publics. Sur son blog« Urban Springtime », il aborde la relation entre « la manière dont une ville est planifiée, conçue et réalisée par des professionnels » et « la manière dont une ville est vécue, appréciée et animée par ses usagers ». Sur ce blog et ailleurs, il a publié plus de 30 critiques d’ouvrages consacrés à la géographie de l’enfance, aux espaces publics et à l’urbanisme.
Photo fournie par un garçon de huit ans, montrant son aire de jeux préférée, prise depuis son balcon : « On peut s’amuser à marquer des buts au foot », notamment entre le manège et le cheval à ressort, ou entre la balançoire à bascule et l’aire d’escalade.